Les métiers du chiffre, et notamment la profession comptable, sont menacés par de nombreuses évolutions règlementaires et technologiques. Comme d’autres professions avant elle, elle va devoir s’adapter pour survivre. Derrière la menace de la disparition d’une partie de ses activités de gestion - notamment la saisie - se cachent des opportunités qu’il est urgent d’étudier et de développer.

Retours sur le marché, les contextes règlementaires et de transformation numérique qui impactent la fonction et la naissance prometteuse d’un expert-comptable « augmenté » grâce à l’Intelligence Artificielle. Le futur est maintenant…

Réglementations et marchés du métier du chiffre

Loi PACTE


Dès cet automne, la loi PACTE pourrait être votée. Parmi les 21 propositions qui concernent les experts-comptables, l’une d’elles inquiète plus particulièrement l’Ordre : celle du redressement du seuil de chiffre d’affaires à partir duquel les entreprises auront l’obligation de faire appel à un commissaire aux comptes ce qui pourrait avoir pour conséquence une suppression de plus de 150 000 mandats.

Fin de l’exception française sur la saisie comptable réservée aux seuls experts-comptables


La pression exercée par l’Europe pour que prenne fin l’exception française sur la saisie des comptes fait peser de lourdes menaces sur l’avenir des experts-comptables.
Jusqu’à présent, l’ordonnance de 1945 spécifiait que toute personne réalisant cette activité devait être déclarée à l’Ordre. Mais dans ses recommandations, l’Europe encourage la France à libéraliser cette tâche, en vue de simplifier les procédures et d’améliorer la compétitivité des entreprises. Et, selon ses premières déclarations, le Président Macron semble plutôt réceptif à cette mesure, qui pourrait prendre effet à l’horizon 2019/2020.
Cette mesure pourrait  impacter la rentabilité de cette mission première des experts-comptables qui représente encore plus de la moitié du Chiffre d’Affaires de la majorité des cabinets.

Qui plus est, des expériences  menées dans des pays anglo-saxons, drivés par la robotisation, ont divisé par deux la valeur du marché de la tenue comptable.  
Sur un marché estimé à plus de 16 milliards d’euros, incluant la tenue comptable, l’audit et le conseil, nous estimons que le marché de la saisie comptable, qui représente environ 40% de la tenue comptable,  est aujourd’hui environ de 2 à 3 milliards d’euros.
Il s’agit donc là d’un vrai sujet d’inquiétude pour les experts-comptables. Sur un volume moyen de 100 millions de factures par an, et considérant le coût de traitement d’une facture à 0,40 cts d’euros,  cela reste encore une source de revenus conséquente. Reste qu’on est encore loin de la digitalisation totale des factures. Les cabinets devraient donc conserver cette prérogative mais avec l’objectif d’améliorer leur productivité.

La robotisation de la comptabilité


Si les règlementations impactent la profession régulièrement, d’autres changements la transforment en profondeur. C’est le cas du développement des technologies telles que l’intelligence artificielle et, plus particulièrement, de celles qui gravitent autour des réseaux de neurones (Machine Learning et Deep Learning). Parfois déployées par les entreprises clientes ou au sein des cabinets,  elles permettent une automatisation du traitement des factures.
Chaque année, on estime à près de 2 milliards le nombre de factures traitées dont 184 millions qui sont toujours saisies manuellement. En utilisant des  technologies de machine learning et de deep learning, le robot va diviser par 10 le coût et le traitement de chaque facture.Grâce à son entrainement, le robot comprend tous les éléments d’une facture - champs des en-têtes / pieds de page mais aussi chaque ligne avec des prix unitaires et des quantités ainsi que tout autre champ spécifique, et ce, quel que soit son support, papier, email, scannée dans un smartphone, hébergée sur un portail fournisseur… Puis, le robot affecte de manière automatique et en temps réel ces données dans les différents référentiels comptables et analytiques de l’entreprise.

Qui dit digitalisation, dit données. Grâce à la robotisation, il est possible d’apporter aux entreprises, très demandeuses,  des informations analytiques leur permettant un pilotage en temps réel de leur activité : suivi de la trésorerie et des dettes fournisseurs, mise à disposition d’indicateurs sectoriels, validation de la conformité contractuelle…
Proposer ce type de services de gestion à valeur ajoutée permet aux cabinets de compenser la baisse de rentabilité de la mission comptable traditionnelle. Car il est difficile de justifier des hausses de prix dans ce domaine. L’automatisation des tâches avec le Cloud Computing et la dématérialisation des documents et des données comptables séduisent les entreprises.   Les professionnels eux-mêmes sont plus de 66% à indiquer qu’ils investiraient dans l’IA pour automatiser les tâches répétitives et chronophages (étude Sage 2018).

Une manière aussi de parer à la comptabilité pirate, pratique très courante, qui consiste à faire de  la saisie sans être déclaré à l’Ordre. Si des services en ligne se positionnent  sur la saisie, avec la promesse souvent tenue, de réduire les coûts, les premières entreprises ayant cédé à leurs sirènes ont majoritairement fait marche arrière en raison de risques réels de non-conformité et de possibles redressements URSSAF.

Qui, pour s'approprier la comptabilité automatisée ?

Pour répondre aux nouveaux enjeux de la profession du chiffre, de nouveaux acteurs apparaissent venant soit des métiers, soit des nouvelles technologies.

Les banques et compagnies d’assurances


En tant que professionnelles du chiffre, les banques et compagnies d’assurance disposent de nombreuses données et se présentent comme de possibles challengers. Qui plus est, ce sont bien souvent les interlocuteurs naturels des entreprises et chefs d’entreprise.
Toutefois, elles peinent à digitaliser leurs propres activités et l’on peut considérer qu’elles mettront du temps à investir ce marché, si elles investissent.

Les GAFA


Ces grandes sociétés disposent des technologies d’intelligence artificielle nécessaires, avancées, possèdent des algorithmes, savent entraîner des machines puissantes à partir de jeux de données volumineux, ont une force de frappe étendue.
Mais elles s’intéressent généralement peu aux marchés dont les spécificités sont aussi locales.


Les plateformes en ligne


Elles proposent des activités le plus souvent non règlementées comme des missions sociales par exemple, mais s’installent aussi sur les missions traditionnelles d’expertise comptable et de saisie,  ce qui se traduit par une lourde pression tarifaire.
Georges le robot comptable,  par exemple,  propose aux professions libérales une comptabilité de bout en bout sans aucune saisie manuelle.  Autre exemple, Fred de la compta, digitalise l’administratif de l’entreprise. Ces plateformes séduisent par leur simplicité et les faibles coûts qui permettent de réaliser des économies jusqu’à moins 30% par rapport aux cabinets traditionnels. Mais le risque est grand de non-conformité des comptes et de possibles redressements empêchent certaines entreprises de franchir le pas, notamment parmi les plus grandes.    

Les experts-comptables


La saisie fait partie de leur cœur de métier.  De par leur expertise et leur connaissance du secteur, ils sont tout à fait légitimes pour entraîner efficacement des machines apprenantes, leur permettre d’analyser des informations de de transmettre aux entreprises des résultats en conformité avec les règlementations.
Leur connaissance métier permet également d’apporter aux entreprises une plus-value non négligeable au niveau du conseil au sens large (fourniture de prestations technologiques et conseil en SI, analyses en temps réel des données, conseil en cession/transmission d’entreprises, diagnostic stratégique/amélioration des performances des entreprises, conseil patrimonial, maîtrise des risques …), réponse la plus adaptée à l’érosion de leurs marges.  Ce marché du conseil est évalué à 5,5 milliards d’euros, dont 1,5 milliard pour les diagnostics et l’amélioration des performances de l’entreprise (Source : Xerfi : données 2015 estimées).

Au-delà de ces aspects, dans ces périodes de mutation,  le contact humain et la confiance, restent cruciaux sur des sujets aussi critiques que les comptes, la fiscalité, les transmissions, les fusions/acquisitions etc…. De la même façon que les Français apprécient l’innovation des acteurs en ligne, mais préfèrent encore majoritairement conserver leurs comptes dans leur banque historique, les clients réfléchiront à deux fois avant de renoncer à leur expert-comptable.

S’ils parviennent à entretenir leur relation avec leurs clients, à prendre le virage technologique pour soulager leurs équipes des tâches manuelles, et ainsi proposer de nouveaux services de gestion, les experts-comptables seront en mesure de réussir leur transformation numérique et de rester compétitifs.  



La solution pour les cabinets d'Expertise Comptable

Conciliator Expert, de Dhatim, est la première solution en ligne de saisie comptable basée sur des réseaux de neurones entraînés par des experts-comptables pour les experts-comptables.  Conciliator Expert utilise les dernières technologies d’Intelligence Artificielle et d’apprentissage profond (Deep Learning), et se différencie des solutions existantes du marché par :

·      Une reconnaissance de 100% du détail de toutes les factures quel que soit leur format,

·      Une affectation automatique dans les bons comptes comptables et analytiques,

·      Des données à disposition des cabinets comptables en temps réel,

·      Une solution web accessible par les clients et les collaborateurs,

·      Une compatibilité avec tous les logiciels comptables du marché.